La valeure d’une radiographie…
mars 17, 2009
Indignation! Aujourd’hui une personne a renoncé à me donner sa radiographie : « non… on ne sait jamais. On va me la redemander…c’est sur…pour une chose ou pour une autre, non? Non… non, je ne veux pas». Elle balbutie, elle hésite. Sans vraiment savoir pourquoi, elle est convaincue qu’elle doit garder sa radió « au cas où ».
Mission impossible, je pense à cette perle précieuse qui mérite d’être conservée… un bout de plastique transparent et monochrome, moche, presque lugubre. Une ombre noir masquant des vertèbres parfois tordues, un tronc massif et une montagne de fange blanche ressemblant à un estomac. Et pourtant cette personne est en bonne santé !
Dans la logique de la médecine un corps sain n’a plus d’intérêt. Dans la logique de l’étranger, un corps sain n’est pas suffisant… L’objet est autre. Il mute. D’un horizon d’hygiène il s’exile dans un univers de justice.
Cette radiographie devient preuve de légitimité et de droit sur terre. Elle est trempée dans une nouvelle nomenclature: elle est passeport, carte, photo d’identité, visa, timbre, apostille, signature et enfin liberté de déplacement. Pour cette personne, mon argument artistique et social était absurde devant sa réalité quotidienne (qui est aussi la mienne). Avant tout était sa lutte et préservation de droit en milieu étranger! Sa sauvegarde est donc juste. Cependant…nous avons décidé autrement. Si cet objet est si facilement convertible, c’est alors que nous prenons la métamorphose en main et nous jouons, nous aussi !